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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 00:15

Je sais, c'est les vacances, et pendant les vacances, on n'a pas trop envie de parler politique... Bon, moi, je veux bien, mais pendant les vacances, la vie continue, et la politique, c'est la vie de la cité... J'ai trouvé très intéressants les 4 articles publiés ici et là sur celui qui synthétise encore aujourd'hui le mieux mes idées...

D'abord, dans le Journal du Dimanche de cette semaine...

D'abord, dans le Journal du Dimanche de cette semaine...

François Bayrou, le perdant magnifique

DES HAUTS ET DES BAS - Le président du MoDem et maire de Pau, François Bayrou, a connu des ascensions fulgurantes et des traversées du désert. Au-delà de la politique, il a toujours voulu que la vie continue.

Deux mains sur une tombe. Il s'attarde longuement, dans les cimetières juifs, sur les tombes des Cohen, où figurent deux mains bénisseuses, signes de protection. Il parle, souvent, de chance. La grande bibliothèque de son bureau parisien de la rue de l'Université est en désordre mais, quand il voudra faire référence à un ouvrage sur Péguy, il réussira à l'extraire d'une longue pile. François Bayroun'a pas varié, au cours des années, dans ses passions littéraires. "Si j'ai tant aimé Péguy parlant de l'argent, c'est que sa colère résonnait en moi, comme en résonance à une vérité intérieure. On aime assez souvent ce que l'on est. Les choses aimées préexistent dans les plis profonds de notre personnalité. On ne change pas, on ne change que dans le sens de ces plis profonds." Il a cru, durant la première partie de sa vie, que la lutte était loyale et que l'on pouvait accéder au cœur du pouvoir sur ses seuls mérites. Il ne le croit plus. Les réseaux sont trop nombreux. La chance forge, simplement, des exceptions. François Bayrou a connu en politique des défaites cinglantes et des retours victorieux. "La réussite est nécessaire car elle ouvre la possibilité de faire, d'agir, de créer. Mais l'insensibilité à l'échec est une liberté. L'indifférence à l'échec vous délivre de l'obligation de plaire." Ceux qui le soutiennent disent : il ne change pas. Ceux qui s'en détournent disent : il ne change pas. François Bayrou est resté attaché au village où il est né, Bordères (Pyrénées- Atlantiques), et il possède un fort sentiment de classe sociale.

Il est fils d'exploitants agricoles. La maison de son enfance est envahie de livres. François Bayrou lit durant la journée et une partie de la nuit, durant l'année et en vacances. Il commence à souffrir de bégaiement, à partir de l'âge de 8 ans. "Le bégaiement, c'est un échec intime, jour après jour recommencé." Il surmonte son handicap en faisant la paix avec ses secrets d'enfant, en se tournant vers les autres au lieu de rester bloqué sur lui, en choisissant d'aller de l'avant. Le biographe d'Henri IV évoque un Radioscopie (1973) de Jacques Chancel où Jacques Brel s'exprimait sur son physique. L'interprète de Ces gens-là avouait : "On s'aperçoit très vite, quand on n'est pas beau, que l'intérêt qu'on peut avoir n'est pas en soi mais dans le mouvement que l'on peut éventuellement avoir." Le bégaiement a poussé François Bayrou à sortir de lui-même. Il choisira face à une douleur, un échec électoral, une faille, le mouvement.

"Il y a un grondement et les canines sortent"

Le père meurt accidentellement, en 1974, alors que le fils est âgé de 22 ans. "Quand mon père s'est tué, j'ai repris l'exploitation agricole, et c'était par haine de la mort. Je voulais que la vie continue, au-delà de la mort." Le fils de paysans réussit l'agrégation de lettres classiques, un mois après le drame familial. "Je viens d'un milieu social qui n'était pas considéré, qui n'avait pas la considération qu'il méritait. L'agrégation a apaisé ce sentiment de ségrégation sociale. J'étais jeune et je me disais, à tort ou à raison, que dans mon métier, grâce à cet "agrégé de l'université" qui me sert encore de viatique, plus personne ne pourrait me regarder de haut. L'agrégation a sonné la fin de cette crainte de la condescendance.

Même si je n'ai jamais été enclin à baisser la tête devant qui que ce soit." François Bayrou avance qu'il a bénéficié de trop de chance pour endosser le manteau de la pure méritocratie. Il va accéder aux plus hautes responsabilités pour devenir l'incarnation politique du centre en France. Échec lors des trois dernières élections présidentielles, échec deux fois aux élections municipales paloises, échec en 2012 lors des élections législatives. Il est élu maire de Pau lors des élections municipales de 2014. La défaite à l'élection présidentielle de 2012 a été impitoyable. Il arrive seulement cinquième et a appelé à voter François Hollande. L'électorat du centre droit fuit.

François Bayrou dit qu'il vaut mieux perdre en restant fidèle à ses combats que gagner en trahissant ses idéaux. "J'avais fait un choix sur des repères moraux et civiques qui ont quelque chose d'absolu. J'avais mené le combat à visage découvert contre les dérives du quinquennat précédent, en les analysant dans Abus de pouvoir. Si je n'avais pas été jusqu'au bout de mon combat, j'aurais été infidèle à mes convictions, à ceux qui me faisaient confiance, par exemple, mes enfants." Les médias ont prédit sa mort politique à de nombreuses reprises. "Les sondages montent, alors la meute est séduite, elle se roule devant vous pour que vous lui grattiez le ventre mais, à la première goutte de sang, c'est l'instinct, il y a un grondement et les canines sortent. C'est éprouvant mais cela ne ruine pas ma vie. Le véritable échec serait quelque chose qui porterait atteinte au sens de ma vie." François Bayrou pourrait écrire aux commentateurs politiques, comme Mark Twain au journal qui avait annoncé sa mort, "Nouvelle de mon décès fortement exagérée".

"Une ivresse qui vous fait perdre l'équilibre"

Les échecs électoraux font partie de la vie politique. Il tente de ne pas les transformer en blessures narcissiques. François Bayrou s'est seulement senti vaciller face à l'anorexie d'une de ses filles, alors qu'elle était enfant ; face à une rupture amicale avec un ami de jeunesse, Claude Goasguen ; face à un accident qui aurait pu le laisser tétraplégique ; face à son bégaiement, qui peut revenir. Il a pleuré à la lecture d'un message de sa fille, lorsque les sondages de 2007 le rendaient qualifiable pour le second tour, lui faisant prendre conscience de la rapidité de l'ascension. On perd ou on gagne avec sa famille, en politique. L'épreuve est, aussi, pour les siens.

Il a pu observer maints hommes se noyer dans les apparats du pouvoir. "Le succès est dangereux. C'est un alcool d'autant plus puissant qu'il n'est pas détectable. Je tiens bien l'alcool, en général. Sauf un, le limoncello : au goût, c'est presque un jus de fruit sucré, un peu corsé et, boum, cela vous cisaille les jambes. Le succès est comme le limoncello : tout va bien, vous êtes content, les meutes ont des yeux de velours, et insensiblement vous basculez du côté de l'ivresse. Les Grecs emploient le mot d'hubris, une perte de contrôle, une démesure, en fait, c'est de cela qu'ils parlent : une ivresse qui vous fait perdre l'équilibre. Et pour eux, c'est par là que se déclenchent les tragédies".

François Bayrou a peu d'humour sur lui-même et ne cherche pas à en avoir. Il déteste le sarcasme, l'ironie, la dérision. Il répète : on en prend plein la gueule et, en plus, il faudrait dire merci. On lui reproche son orgueil de fer, son ego surdimensionné, son ambition présidentielle. "Il faut choisir d'être du côté du grand plutôt que du côté du petit. Grands idéaux, grandes batailles, grandes défaites, s'il le faut. Je n'aime pas les gens qui se vendent, et qui, si souvent, se vendent pour pas cher." Il a refusé deux fois la Légion d'honneur. Il tient à combattre ses adversaires sans bassesse et à respecter les laissés-pour-compte de la vie. Son milieu social modeste lui a appris qu'on n'a pas forcément ce qu'on mérite. "Je ne fais pas partie de ceux qui pensent que les inégalités sont naturelles. Personne n'est à l'abri d'une malchance, d'un mauvais tournant, d'une maladie."

L'homme de la troisième voie a tissé sa légende : l'emblème du tracteur, la gifle à un gamin lui faisant les poches, la fidélité au monde paysan. L'obsession de l'argent et le recours aux conseillers en communication lui sont étrangers. Il partage sa vie entre Bordères et Paris. François Bayrou est père de six enfants. Ils sont tous surdiplômés. Une de ses filles a été reçue à Polytechnique en 1994, alors qu'il était ministre de l'Éducation. "Le plus beau de mes succès, c'est l'amour que mes enfants se portent entre eux." François Bayrou occupe une place à part dans le paysage politique français, souverainiste et européen, intellectuel et pragmatique, catholique et laïc, mais une telle place existe-t-elle? Il se tient éloigné de toute forme d'excès. Sa vision reste inchangée : le président de la République ne doit pas s'abaisser à faire de la politique mais il doit s'inscrire dans l'Histoire vivante.

La fameuse phrase de Jean-Louis Borloo

Ses traversées du désert n'ont pas amoindri son amour de la vie. "Les succès et les échecs sont nécessaires à la construction d'un homme. C'est comme les fils de trame et de chaîne dans le tissu. Il faut des fils verticaux et des fils horizontaux pour fabriquer un tissu. Il faut de l'ombre et de la lumière pour peindre le portrait d'un homme." François Bayrou n'a pas tout donné à la politique et mène plusieurs existences parallèles. Son aventure familiale, son goût pour la nature, son engagement politique, son amour de la littérature. Quand son père est mort, il a voulu que la vie persiste. Le monde politique, tel qu'il l'a tant combattu, est en train de s'écrouler.

Ceux qui connaissent François Bayrou répètent, sur tous les tons, la fameuse phrase de Jean-Louis Borloo à son propos, tant elle est juste : "Il préfère avoir raison que gagner." Le président du MoDem voudrait avoir raison et gagner. L'homme aime se recueillir, dans la solitude, mais la vie l'a forcé à choisir le mouvement. On moque son côté illuminé. Son pragmatisme et son humanisme le constituent à part. C'est justement là où il veut être : à part. François Bayrou continue de s'arrêter sur les tombes des Cohen pour méditer sur les deux mains bénisseuses, signes de protection. Le succès est dans le chemin et non dans le destin.

La semaine prochaine: Olivier Roellinger

Ensuite, dans l'hebdomadaire Valeurs Actuelles de jeudi dernier...

 

A la veille du mois d'août, des nouvelles de Bayrou...
A la veille du mois d'août, des nouvelles de Bayrou...

Et puis, sur le site d'information Atlantico du dimanche 20 juillet...

 

Le maire de Pau et président du MoDem se montre très critique envers la politique de François Hollande, mais ne regrette pas ses attaques passées contre Nicolas Sarkozy, au nom de ses "responsabilités" de citoyen de dénoncer des "dérives qui menaçaient notre pays".

Effet d'optique

Publié le  - Mis à jour le 22 Juillet 2014Je m'abon
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Considéreriez-vous l’exclusion du budget de la Défense au sens du déficit de Maastricht ? 

Cela ne serait pas absurde. Car cette capacité de défense est en notre nom mais elle est aussi en nom des autres Etats européens. Nous ne sommes pas seuls. Notre doctrine d’intervention inclut, dans les intérêts vitaux du pays, les intérêts vitaux de l’ensemble européen auquel nous appartenons. A juste titre. 

Vous vous placez dorénavant clairement dans l'opposition. Au-delà des affaires qui plombent l'UMP, comme Bygmalion, sur le terrain des idées, quelle part de responsabilité estimez-vous porter dans le fait que l'opposition soit complètement inaudible ?

 

Aucune. Je me suis battu sans cesse pour que la France se ressaisisse et que le centre soit un acteur majeur de ce ressaisissement. J’ai vu venir très tôt les dérives qui s’étalent aujourd’hui en première page de tous les journaux. Je ne me suis pas contenté de les voir venir, j’ai écrit un livre qui s’appelait Abus de Pouvoir qui en était l’analyse clinique et engagée. Parce que j’ai une responsabilité civique, comme tout citoyen français. Et cette responsabilité je l’exerce. Je fais aujourd’hui moins de déclarations virulentes à l’égard de Nicolas Sarkozy que n’en font ses propres amis. Je me battais contre ce que je voyais d’inacceptable alors qu’il était au sommet, adulé de tous. C’est plus difficile, mais c’est plus juste.

J’ai pris mes responsabilités, parce que je pensais que ces dérives menaçaient notre pays sur deux points principaux. Le premier est que Nicolas Sarkozy et ceux qui l’entourent avaient fait du clivage perpétuel et de la montée des passions des Français les uns contre les autres un carburant pour leur puissance politique. Division et exaspération des divisions. Alors que pour moi, qui suis profondément unitariste quand je pense à mon pays, je pense que le devoir des dirigeants est de rassembler. Un dirigeant qui divise est un dirigeant qui affaiblit.

La deuxième raison est qu’au travers de nombreuses affaires, il était  clair pour moi que le pouvoir de cette époque avait pour pratique constante de prendre toute liberté avec la loi et ses principes. La loi et les principes, c’était pour les autres. Pour eux, la fin justifiait les moyens. Or je pense que la grande ligne de clivage de la politique est entre ceux qui pensent que la fin justifie les moyens et ceux qui pensent, au contraire, comme Ghandi que « La fin est dans les moyens comme l’arbre est dans la graine ». Il y a une unité substantielle entre la fin et les moyens. Et ceci crée deux comportements politiques. C’est pour cette raison là que j’ai fait le choix de l’alternance. Après, est ce que François Hollande a été ce qu’il aurait dû être, c’est autre chose. Et évidemment la réponse est non.

 

En 2012, vous avez voté pour François Hollande. Au regard du bilan qui est le sien, comprenez-vous ceux que cela pourrait faire douter de votre clairvoyance ? 

Ce qui était en jeu était beaucoup plus important encore qu’une question de programme. Imaginez-vous où nous en serions aujourd’hui, avec l’explosion des affaires, si l’issue du scrutin avait été différente ! Avec ce que nous avons appris de Bygmalion et de l’effarante explosion des comptes de campagne, où en serions-nous ? Imaginez le climat dans le pays, les manifestations, et la gauche qui triompherait en prétendant détenir les clés et les solutions de l’avenir. Aujourd’hui, les illusions sont enterrées et les scandales conjurés. La vérité apparaît enfin ! Il y a des moments où il faut avoir le courage, même seul contre tous, de prendre des décisions cruciales. Mais ce qui est terrible dans cette prise de responsabilité, c’est qu’elle a été solitaire. 

Récemment, un éditorial du Figaro posait une bonne question : « Pourquoi tous ceux qui critiquent Sarkozy aujourd’hui dans son camp ne l’ont-ils pas critiqué lorsqu’il était au pouvoir ? Comment n’ont-ils rien dit si les choses étaient si graves qu’ils l’affirment aujourd’hui ? Et comment imaginer qu’ils aient pu ne rien savoir, étant données les responsabilités qu’ils exerçaient ?  » Etre citoyen c’est prendre ses responsabilités, même seul. J’ai fait cette expérience de solitude et je ne le regrette pas. 

Vous avez déclaré que Nicolas Sarkozy ne pouvait pas être le rassembleur de la droite. Comment expliquez-vous qu'il garde une telle audience auprès des sympathisants UMP ? Qui d'autre à l'UMP pourrait jouer ce rôle ? Par ailleurs, étant donnée la tendance à la radicalisation de l'électorat de droite, est-ce imaginable que celui qui portera la voix de la droite ne soit pas issu de l'UMP ?

Je ne crois pas que l’UMP soit un alliage durable. Je ne l’ai jamais cru. Je suis allé déclarer mon scepticisme le jour de la fondation du mouvement à Toulouse, parce que « le parti unique de la droite et du centre », c’est une illusion.  Vous savez ce qu’est une émulsion en physique. Vous avez beau agiter le mélange, l’huile et l’eau ne se marient jamais vraiment et finissent toujours par se séparer. Il y a deux  sensibilités politiques au sein de l’UMP, et ces deux sensibilités ne croient pas les mêmes choses, n’ont pas la même vision ni les mêmes valeurs. Et d’ailleurs, que chacun soit fidèle à ce qu’il est, c’est cela qui est la vérité, c’est cela après tout qui est estimable et noble. 

Nicolas Sarkozy est évidemment favori dans sa reconquête de la droite. D’abord parce qu’il ne trouvera jamais un corps électoral aussi favorable que les adhérents de l’UMP au 30 juin 2014. C’est le meilleur corps électoral imaginable pour lui. Deux options au choix : soit il prend l’UMP, soit il crée un parti nouveau, ce qui l’exonère au passage de 80 millions de dettes. Je ne vois personne capable de le devancer dans l’état actuel de la droite et je ne vois personne capable de fédérer cet ensemble disparate. J’entends des candidats réclamer une génération nouvelle. J’avoue être sceptique face à la théorie des générations. Je me souviens assez bien de ce discours que tenait Rocard face à Mitterrand, trois ans avant 1981 !... Je crois aux personnalités denses. Nicolas Sarkozy, avec qui je suis si souvent en confrontation, est une personnalité dense, Alain Juppé est une personnalité dense, et François Fillon est également en piste. Qui d’autre ? Pour être dense, il faut traverser des événements un peu lourds. Il faut être capable de s’extraire du conformisme ambiant. Et il faut accepter de prendre des risques. On verra qui est capable de le faire.

Seriez-vous capable de travailler avec Nicolas Sarkozy sur une ligne politique déterminée ?

La ligne politique, la conception du pays et de la société, c’est précisément cela la question. Nicolas Sarkozy a porté une vision politique et des « valeurs » qui, jusqu’à maintenant, sur des points essentiels, ont été le contraire des celles auxquelles je crois du plus profond de mi-même. 

Comment à droite parvenir à recréer la synthèse qui n'a aujourd'hui plus cours entre conservatisme et libéralisme ?

Ce sont des catégories qui sont aujourd’hui fort discutables. Conserver quoi ? Les institutions ? Il faut les réformer. L’éducation nationale ? On n’en est plus à conserver, il faut reconstruire à partir de valeurs, qui certes, ont été des valeurs républicaines très soutenues par l’école et qui ne le sont plus du tout aujourd’hui.  Mais il ne s’agit en aucun cas de conservatisme. S’il s’agit de l’économie, je ne sais pas ce que conservatisme veut dire. 

Pour le libéralisme, c’est un sujet très problématique pour la France. Ce que la France appelle libéralisme, et qui crée une polémique énorme dans notre pays, c’est la gauche dans d’autres pays. Aux Etats Unis, être libéral c’est être à gauche, en France être libéral cela veut dire être très à droite, et on ne comprend pas pourquoi. 

Si on en revient aux fondamentaux, le Parti Démocrate Européen que je préside siège au sein d’une alliance avec les libéraux européens. Démocrates et libéraux appartiennent au même groupe pour peser ensemble au centre de la vie politique européenne autant qu’il est possible. 

Je ne crois pas à l’étatisme. Est-ce que l’énergie économique d’un pays peut être décidée du sommet ? Je ne le crois pas. Je pense que l’économie, la vie, la créativité c’est « Que 1000 fleurs s’épanouissent ! ».  Le devoir de l’état est de créer un biotope à partir duquel ces 1000 fleurs puissent s’épanouir. Mais la somme des intérêts particuliers ne fait pas l’intérêt général. Il y a une responsabilité de l’État, particulièrement en France, qui n’a pas  été exercée ces 15 dernières années, et qui est de veiller aux grandes orientations stratégiques. L’État, par exemple, s’est fait le complice d’une idéologie de liquidation de plusieurs grands secteurs de production, ou en tout cas a été indifférent à leur liquidation. Il a été complice de l’idéologie qui prétendait qu’il n’y avait pas de différence structurelle entre les services d’un côté, la banque, l’assurance, et d’un autre côté la production, l’industrie ou l’agriculture. 

Or il arrive un moment où une société qui se détourne de la production, du moins des grands secteurs de production, ne peut plus défendre son contrat social !

Un exemple tout bête. Nous vivons et allons vivre de plus en plus dans un monde d’écrans, du smartphone à l’ordinateur portable, de la télévision à l’écran géant. Immense marché chez nous, immense marché mondial. Or plus un seul de ces écrans n’est fabriqué en Europe ! Plus un ! Et ce n’est nullement une question de coût du travail : le prix du travail est marginal dans un écran. Nous avons laissé partir toute la technologie, la capacité d’inventer, la maîtrise du produit, le design, l’investissement… et ceci est une faute qui relève des politiques. Je ne dis pas qu’il ne faut pas accepter la concurrence, elle est positive, mais les politiques ont un devoir de stratégie. En laissant faire les acteurs économiques sur leurs propres capacités de décision, d’appréciation et de retour sur investissement, jamais une filière ne sera défendue. Il faut une vision claire et une capacité d’entraîner, tout en n’étant pas dans la caricature.

Je crois à la liberté nécessaire à l’invention, à la création, et je crois à la responsabilité d’un État capable de fédérer, d’entraîner, de penser le long terme et les grands équilibres

Et enfin, dans le Magazine mensuel Causeur...

 

 

A la veille du mois d'août, des nouvelles de Bayrou...
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Le grain de sel de Max'Dany

Coucou, voici déjà le mois d'août... Une bonne occasion pour nous rappeler la chanson de Ray Ventura... "Si jamais une coquette Vous demande un jour Quelle saison est la plus chouette Pour  rêver d'amour Ne dites pas qu'la meilleure date C'est mars ou fin septembre L'époque la plus adéquate C'est celle que chantent les chattes A la mi-août C'est tellement plus romantique A la mi-août On fera les quatre cents coups A la mi-août Tous les coeurs sont en pique-nique A la mi-août Les filles n'ont pas peur du loup Et si la belle vous dit soudain J'adore les fourrures Quand donc aurais-je mon ragondin ? Chantez d'un air badin A la mi-août C'est bien plus économique A la mi-août Y'a d'la joie pour les matous"

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Le point de vue du Raton Laveur

Elle est chouette et rigolote, cette chanson de Ray Ventura que nous rappelle le patron... Pour les deux autres couplets, je prends sa succession... "Je m'souviens lorsque naguère J'ai passé mon bac Comme j'étais pas une lumière J'avais plutôt l'trac Le prof d'histoire me demande Quand donc est né l'shah d'Perse ? Dès l'instant qu'on parlait du shah J'ai dit: eh bien voilà ! A la mi-août Y'a d'la joie pour les matous A la mi-août On se sent plus dynamique A la mi-août On s'amuse comme des fous. Je connais une Auvergnate qui aime un bougnat Quand elle dit: A bas les pattes Il s'écrie Fouchtra Quand ch'est-y que tu me donn'ras Tout ché que tu pochèdes ? Pour l'inchtant répond-elle au gars Y'est pas quechtion de cha A la Mi-août Che chera plus romantique On fera les quatre cents coups A la mi-août On che chent plus dynamique A la mi-août On ch'amuse comme des fous"...

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La bulle des poissons rouges

Merci patron de nous laisser, à nous les poissons, le soin de chanter le dernier refrain... "Dans la plupart des guinguettes On n'a pas le choix C'est toujours de l'omelette Ou bien du veau froid Et si l'on demande au patron Quand ferez-vous une gibelotte ? Souvent d'un petit air fripon Le patron vous répond A la mi-août C'est beaucoup plus romantique A la mi-août Y'a d'la joie pour les matous A la mi-août Tous les coeurs sont en pique-nique A la mi-août Les filles n'ont pas peur du loup A la mi-août  A la mi-a mi-a mi-a mi-a mi-a-oût"...

Boite aux Citations du Patron

"Ce que le mois d'août ne mûrira pas, ce n'est pas septembre qui le fera"...

A noter sur votre Agenda

Nos ateliers MiG'Art et MiG'Encadrement seront fermés en juillet et en août, ils reprendront le jeudi 11 septembre... Nous organiserons un hommage au Père Duval, autour de ses chansons et d'un feu de camp, le samedi 30 août dans le Parc de la Mairie... Notez aussi notre Vide-Greniers des Enfants le samedi 27 septembre après-midi... Un concert orgue et trompette en prévision... Une visite guidée de l'ancienne Abbaye St Clément de Metz devenue le siège du Conseil Régional de Lorraine, le jeudi 9 octobre après-midi... Notre Marché de Noël à la Salle du Parc les 29 et 30 novembre... et plein d'autres surprises...avec le MIG... Max'Inter-Générations...

Indiscrétions du webmaster

Bonnes vacances, si vous pouvez en prendre, sinon, bon été à tous, et merci de rester fidèles au Blog de Max'Dany qui essaye de toujours mieux vous distraire, vous être utile et surtout, vous informer...

Vous vous posez des questions

Ben oui, quoi, dans les rubriques du dessus, vous citez une chanson de Ray Ventura... OK, mais qui c'est, celui-là ?... Alors voilà... Ray Ventura (par ailleurs, l'oncle de feu Sacha Distel) est un célèbre chef d'orchestre amoureux de jazz qui, avec ses "Collégiens" de musiciens et de chanteurs, ont enchanté le public des années d'avant guerre, disons les années 1930/1940... Avec d'énormes succès tels que "Tout va très bien Madame la Marquise"... "Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ?"... et "ça vaut mieux que d'attraper la scarlatine"... Ben voilà, maintenant, vous connaissez mieux Ray Ventura ( 1908-1979)...